Épilogue d’un été autours du monde

Mexico City, 27/08/2012, 17h15 locales, le réveil par téléphone retentit dans ma chambre d’hôtel : je suis attendu dans 1h à l’accueil de notre hôtel. Une douche plus tard, la métamorphose s’opère, l’uniforme revêtu  je me retrouve en quelques minutes transformé en steward Air France. La valise est refermée, je retrouve mes 14 collègues et nos 3 pilotes dans la lobby de l’hôtel. La navette pour le transfert vers l’aéroport nous attend déjà, et une fois n’est pas coutume à Mexico, notre transfert sera rapide, malgré la pluie battante qui s’abat depuis quelques minutes sur la ville.

Dépose de nos bagages puis passage au PIF, gestes devenus presque machinaux alors que je ne les avais effectués qu’une paire de fois avant cette saison chez Air France. Enfin, nous arrivons à la passerelle qui nous conduit dans notre 747, qui aura la lourde tâche de mener nos 400 passagers jusqu’à Paris.

Installés en classe affaire, nous effectuons notre briefing : passage en revue des changements de poste et des particularités du vol. Le Commandant passe nous voir et nous annonce un vol d’une durée de 9h40 sans turbulences particulière. Nous laisseront Isaac, l’ouragan, largement sur notre droite ! Il ne nous reste plus qu’a contrôler la cabine pour pouvoir accueillir nos premiers passagers. Quelques décomptes de ceintures bébé et mise en place de revues plus tard, je rejoint mon poste en classe affaire pour l’accueil de nos passagers. Le vestiaire de la classe affaire se remplis au fur et à mesure. Service d’un premier rafraîchissement avant la fermeture des portes le temps que l’embarquement se termine à l’arrière.
Le personnel sol nous apporte bientôt la PIL, cette longue feuille de papier qui donne toutes les informations qui pourraient nous êtres nécessaires sur les passagers, signe que nous allons bientôt pouvoir fermer les portes. Elles le seront quelques minutes plus tard. La voix de notre chef de cabine principale retentit bientôt au public address : « PNC aux portes, armement des toboggans… vérification de la porte opposée« . Un frisson me parcours le corps : je prend soudainement conscience que c’est la dernière fois que j’entendant cette phrase en tant que PNC. Le repoussage commence, nous percevons bientôt le doux chant de nos 4 réacteurs au ralenti pour enfin débuter le roulage.

L’annonce du commandant « PNC, préparez-vous pour le décollage » résonne dans la cabine, je rejoint ma collègue sur mon siège de structure en porte 3 gauche, l’avion parcours ses derniers mètres sur le taxiway puis le grondement sourd des réacteurs poussés à pleine puissance emplit la cabine. Tougoudoum, toudgoudoum, tougoudoum, les lampes de l’axe central de la piste défilent de plus en plus rapidement sous nos roues. Cette mélodie rythmée est soudainement remplacée par les vibrations de la cabine qui signent la fin de cette course au décollage plutôt longue (nous sommes à Mexico, 7310 ft QNH) et l’envol de notre bel oiseau.

Quelques milliers de pieds plus haut, la consigne « Attachez vos ceintures » s’éteint brièvement puis se rallume, signe que nous sommes autorisés, mes collègues et moi, à nous lever pour préparer le service de la première prestation. Préparation de boissons fraîches  débouchage des bouteilles de champagne, nous sommes bientôt parés pour partir en cabine. Je remonte la cabine avec ma voiture pour débuter le service au rang 26, les services s’enchaînent : apéritif, plateaux, thé & café, débarrassage, pas le temps de chômer, le 747 est un gros avion, et le temps que nous ayons terminé une phase du service, les premiers passagers patientent déjà pour la suivante 😉 . Fin du service, je fais un dernier passage en cabine histoire de récupérer les derniers plateaux et de laisser une cabine propre, puis c’est à notre tour de nous restaurer un peu. Je suis de deuxième garde, ce qui signifie que j’irais dans la foulée prendre quelques dizaines de minutes de repos bienvenus au poste repos équipage (il est 6h du matin en France).

Le poste repos équipage du 747
Le poste repos équipage du 747

Vient ensuite mon tour de garde, pendant que l’autre moitié de l’équipage va prendre son repos. Passages fréquents en cabine, certains passagers bloqués coté hublot par des dormeurs coté allée me demandent à boire, je fait des allers-retours au galley en tâchant de n’oublier personne. Un des membres de l’équipage de veille vient d’aller réveiller ceux qui se reposent la haut, nous allons débuter dans quelques minutes le service de la deuxième prestations, plus rapide que la première, car en une seule phase. Armé d’une voiture pleine, j’entame à nouveau le service, toujours depuis le rang 26. Plateaux, café & thé, ce service est assez simple. La encore, le temps de remonter jusqu’au galley, les premiers servi ont déjà terminé.

« PNC début de descente » : il est temps de ramasser les derniers plateaux, de faire à nouveau place nette, de récupérer les berceaux et de vérifier que tous les passagers sont attachés afin de préparer la cabine pour l’atterrissage. Finale sur CDG : « PNC préparez vous pour l’atterrissage« , je reprends place sur mon siège de structure. Nous atterrissons sur l’une des pistes de Charles de Gaulle, le long roulage me laisse largement le temps de rejoindre ma position de débarquement, en porte 2 gauche.

Le vol se termine presque comme il a commencé : « PNC aux portes, désarmement des toboggans… vérification de la porte opposée« . Dans quelques dizaines centaines de « merci, au revoir » et autant de sourires  j’aurai déjà terminé ma saison de PCB. J’ai l’impression que c’est hier que j’ai réalisé mon premier embarquement, à destination de Riyad. Ces 2 mois d’été auront filés, malgré plus de 100 000 km parcourus en quelques 120 h de vol ! 2 mois, c’est court, mais j’aurais appris tant de choses !

Le dernier passager vient de débarquer. Je remonte la cabine pour vérifier l’absence de bagage oublié et de récupérer mon propre bagage cabine. Nous descendons avec les collègues au pied de l’avion par l’escalier de la passerelle. Je récupère mon bagage soute, la navette nous attend déjà au pieds de l’avion. Installé dans la navette, il est tant de dire au revoir au F-GITJ. C’est non sans une certaine émotion que je quitte ce dernier équipage dans la « salle des bisous » de la cité Air France à Charles de Gaulle.

Pour résumer cette saison chez Air France, ce fût une super expérience, qui m’a permis de découvrir de nombreuses choses. La vie en équipage et celle de navigant, les « coulisses » d’un avion de ligne, les escales, découverte également d’autres cultures (on ne vis pas à Riyad comme à Miami !)… Tout pleins de bons souvenirs, grâce aux équipages toujours bienveillants, de superbes approches souvent vécues au premières loges, au siège 00A (merci les PNT !) et des escales toujours sympa ! Saison bien trop courte à mon goût (2 mois, mon planning universitaire ne me laissant malheureusement pas plus de temps !), mais vraiment enrichissante !

Enfin, voici quelques images des différentes escales :

Montréal :

Entre tradition et modernité
Entre tradition et modernité 😉
Reflets
Reflets
On est bien aux amériques !
On est bien aux Amériques !

Rio de Janeiro

Votre serviteur !
Votre serviteur !
Le Corcovado
Le Corcovado
L'Atlantique et le pain de sucre
L’Atlantique et le pain de sucre

San Francisco

Le Golden Gate, évidement !
Le Golden Gate, évidement !
La maison bleue de Maxime Le Forestier
La maison bleue de Maxime Le Forestier
L'océan Pacifique
L’océan Pacifique
Les dunes derrière la plage
Les dunes derrière la plage
L'authentique tramway de SFO...
L’authentique tramway de SFO…
... et son cable car
… et son cable car

Miami

Approche sur Miami, les Everglades
Approche sur Miami, les Everglades
Oh, un petit grain, juste la !
Oh, un petit grain, juste la !
Miami beach
Miami beach
Ocean Drive
Ocean Drive

Boston

Départ pour le parc naturel pour voir les balènnes, superbe vue sur Boston
Départ pour le parc naturel pour voir les baleines, superbe vue sur Boston
Oh, une baleine !
Oh, une baleine !
Harvard...
Harvard…
... et le MIT évidemment (architecture de Frank Gehry)
… et le MIT évidemment (architecture de Frank Gehry)

Mexico

Le palais des beaux-arts
Le palais des beaux-arts
Le drapeau mexicain
Le drapeau mexicain
Mexico toujours
Mexico toujours

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